La directrice RSE, Impact et Planning Stratégique de FranceTV Publicité revendique une RSE intégrée, évaluée par ses parties prenantes et alignée avec les transformations du marché.
Dans un contexte de défiance envers la publicité et de fortes contraintes climatiques, FranceTV Publicité franchit un cap. L’obtention de la troisième étoile du label Positive Company reconnaît une démarche RSE passée du discours à la preuve, évaluée par les parties prenantes.
Pour Valérie Falciola-Borel, directrice RSE, Impact et Planning stratégique de FranceTV Publicité, cette reconnaissance traduit un changement de posture : une RSE intégrée à la stratégie business, pilotée par des indicateurs concrets et assumée dans le cœur du métier publicitaire.
Dans cette interview, elle décrypte le rôle du regard “terrain”, les leviers pour éviter une RSE de compromis et la responsabilité spécifique d’une régie du service public pour faire évoluer les standards du marché.
INfluencia : La 3ᵉ étoile Positive Company est le plus haut niveau du label. Qu’est-ce que cette reconnaissance dit, selon vous, de la maturité réelle de la démarche RSE de FranceTV Publicité, au-delà des engagements affichés ?
Valérie Falciola-Borel : Cette troisième étoile, nous la recevons avant tout comme un signal de crédibilité. Elle ne vient pas saluer une promesse, mais reconnaître un chemin déjà engagé, construit dans la durée, et désormais perceptible.
Ce qui fait la force de ce label, c’est qu’il repose pour moitié sur la perception des parties prenantes. Autrement dit, il ne suffit pas de bien formuler ses engagements : il faut qu’ils se traduisent concrètement et qu’ils soient visibles pour celles et ceux qui travaillent avec nous au quotidien. Cette troisième étoile dit que pour nos partenaires, nos clients et nos équipes, l’engagement de FranceTV Publicité n’est plus un discours. Il se voit de plus en plus dans nos pratiques.
Cette maturité est le résultat d’un travail de fond, mené collectivement, autour de choix structurants.
D’abord, une RSE pleinement intégrée à la stratégie. La responsabilité n’est pas un pilier à côté du reste. Elle fait partie de notre cap stratégique à horizon 2030. La création d’une Direction RSE, Impact et Planning stratégique traduit cette volonté d’ancrer plus étroitement vision business, impact et pilotage, au cœur des décisions.
Ensuite, le passage d’une logique d’intention à une logique de preuve. Mesure de l’empreinte carbone, trajectoire climat validée par la SBTi (The Science Based Targets initiative), numérique plus sobre, charte achats responsables, indicateurs de suivi : le choix a été fait d’objectiver nos engagements, d’en mesurer les effets et d’en tirer toutes les conséquences, y compris lorsqu’ils mettent en lumière des marges de progrès.
Enfin, une responsabilité assumée dans notre cœur de métier. FranceTV Publicité a choisi d’interroger le rôle même de la publicité : son intensité, ses contenus, ses impacts. Cela suppose parfois de faire des arbitrages et de contribuer progressivement à faire évoluer notre écosystème à travers de nouveaux référentiels.
Cette reconnaissance ne dit pas que tout est parfait. Elle marque un seuil : celui d’une organisation qui accepte d’être évaluée sur la cohérence entre ce qu’elle affirme, ce qu’elle fait et ce que ses parties prenantes en perçoivent. C’est probablement cela, aujourd’hui, le véritable marqueur de maturité.
INfluencia : Le label repose pour moitié sur la perception des parties prenantes. En quoi ce regard “terrain” a-t-il challengé ou fait évoluer votre stratégie RSE et votre façon de piloter la transformation en interne ?
Valérie Falciola-Borel : Le regard des parties prenantes est sans doute la dimension la plus déterminante du label et aussi la plus précieuse. Il oblige à sortir d’une logique d’auto-évaluation pour se confronter à la réalité perçue.
Ce retour “terrain” a confirmé certaines intuitions, mais il a aussi mis en lumière des écarts : entre ce que nous pensions clair et ce qui ne l’était pas encore, entre ce qui était structuré au niveau central et ce qui restait inégalement compris ou approprié sur le terrain.
Concrètement, cela a renforcé trois évolutions majeures :
- D’abord, une exigence accrue de cohérence : entre nos engagements externes et nos pratiques internes, notamment en matière de numérique et d’achats responsables.
- Ensuite, un pilotage plus transversal : la RSE ne peut pas être portée par une seule direction. Le réseau de référents métiers, le COPIL RSE et l’implication du Comex sont devenus essentiels pour transformer réellement l’organisation.
- Enfin, un effort renforcé de pédagogie et d’appropriation interne : expliquer le sens, rendre lisibles les arbitrages, donner des clés concrètes aux équipes pour que chacun puisse s’approprier la démarche.
Interview réalisée par Émilie Kovacs pour INfluencia